Construire un programme de formation qui passe l'audit
Objectifs opérationnels, prérequis, déroulé, moyens et modalités d'évaluation : construire un programme qui tient devant un auditeur.
Le vocabulaire de cet article3 termes
- Preuve
- Toute pièce datée qui montre que la pratique annoncée existe vraiment : une feuille signée, un échange horodaté, un compte rendu.
- Écart
- Le mot employé par l’auditeur quand une exigence n’est pas tenue. Un écart mineur se corrige après l’audit, un écart majeur bloque la certification tant qu’il dure.
- Certificat de réalisation
- Le document qui atteste qu’une formation a bien eu lieu et pour quelle durée. C’est la pièce que le financeur réclame avant de payer.
Sommaire
- Le déroulé en 8 étapes
- Ce que l’auditeur cherche dans un programme
- Étape 1. Partir du besoin exprimé et le reformuler
- Étape 2. Écrire des objectifs observables
- Étape 3. Fixer des prérequis vérifiables
- Étape 4. Construire le déroulé et la durée
- Étape 5. Décrire les moyens
- Étape 6. Définir les modalités d’évaluation
- Étape 7. Ajouter les mentions propres au distanciel
- Étape 8. Publier les informations préalables et vérifier la cohérence
- Pour aller plus loin
- Questions fréquentes
Un programme tient devant un auditeur quand il énonce des objectifs formulés en termes de capacités observables, des prérequis vérifiables et des modalités d’évaluation qui permettent de constater l’atteinte de ces objectifs. Le code du travail impose un programme préétabli qui précise le niveau de connaissances préalables requis, les moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement, ainsi que les moyens de suivi et d’appréciation des résultats.
Le déroulé en 8 étapes
- Partir du besoin exprimé et le reformuler. Écrivez ce que la personne ou l’entreprise doit pouvoir faire après la formation, dans son contexte de travail.
- Écrire des objectifs observables. Un objectif commence par un verbe d’action et décrit un résultat constatable. Une intention pédagogique ne suffit pas.
- Fixer des prérequis vérifiables. Indiquez ce qui est réellement nécessaire pour suivre, et prévoyez comment vous le vérifiez avant l’entrée en formation.
- Construire le déroulé et la durée. Séquencez les contenus, affectez une durée à chaque séquence et vérifiez que le total correspond à la durée annoncée.
- Décrire les moyens. Moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement, salle ou plateforme, supports remis, qualification des intervenants.
- Définir les modalités d’évaluation. Positionnement à l’entrée, évaluations en cours de parcours, évaluation finale rattachée aux objectifs, sanction de la formation.
- Ajouter les mentions propres au distanciel. Nature des travaux demandés et temps estimé, modalités de suivi et d’évaluation spécifiques, assistance technique et pédagogique.
- Publier les informations préalables et vérifier la cohérence. Objectifs, contenu, intervenants, horaires, évaluation, contact et règlement intérieur avant inscription définitive, avec un intitulé identique partout.
Ce que l’auditeur cherche dans un programme
Le programme est la pièce centrale du dossier de formation. Il est lu par le financeur au moment de la prise en charge, par le stagiaire avant son inscription, et par l’auditeur qui vérifie la cohérence de l’ensemble. Le code du travail prévoit que les actions sont réalisées conformément à un programme préétabli qui, en fonction d’objectifs déterminés, précise le niveau de connaissances préalables requis, les moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement mis en œuvre, ainsi que les moyens permettant de suivre son exécution et d’en apprécier les résultats.
Comptez deux heures pour construire un programme solide sur une formation d’une journée, moins ensuite si vous partez d’une trame stable.
Étape 1. Partir du besoin exprimé et le reformuler
Avant d’écrire quoi que ce soit, notez ce que la personne ou l’entreprise doit pouvoir faire après la formation, avec ses mots à elle. Conservez cette trace, elle servira aussi de preuve d’analyse du besoin dans votre dossier qualité.
Le piège à éviter. Partir du contenu que vous maîtrisez plutôt que du résultat attendu. Le programme raconte alors votre plan de cours et non le service rendu.
Étape 2. Écrire des objectifs observables
Un objectif utile commence par un verbe d’action et décrit un résultat que l’on peut constater : rédiger, calculer, paramétrer, conduire un entretien, établir un diagnostic. Trois à six objectifs suffisent pour une journée. Chacun doit pouvoir être évalué par un exercice précis.
Le piège à éviter. Les formulations qui décrivent une intention, du type sensibiliser, comprendre, connaître, appréhender. Aucune de ces formulations ne se vérifie, donc aucune ne peut être évaluée.
Étape 3. Fixer des prérequis vérifiables
Indiquez ce qui est réellement nécessaire pour suivre la formation, et précisez comment vous le vérifiez : questionnaire de positionnement, entretien préalable, justificatif d’expérience. Si aucun prérequis n’est nécessaire, écrivez-le explicitement.
Le piège à éviter. Recopier un prérequis générique dans tous vos programmes. L’auditeur demandera la trace de la vérification sur un dossier réel, et une exigence jamais vérifiée devient un écart.
Étape 4. Construire le déroulé et la durée
Découpez la formation en séquences, affectez à chacune une durée et une modalité, et rattachez chaque séquence à un objectif. Additionnez les durées et comparez le total à la durée annoncée dans la convention. Ces deux valeurs doivent être identiques.
Le piège à éviter. Un programme de sept heures qui contient neuf heures de contenu. La session déborde ou saute des séquences, et l’écart devient visible dans les évaluations.
Étape 5. Décrire les moyens
Précisez les moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement : apports, cas pratiques, mises en situation, matériel nécessaire, plateforme utilisée, supports remis aux participants, qualification et expérience des intervenants. Cette rubrique couvre à la fois une exigence du code du travail et plusieurs indicateurs du référentiel qualité.
Le piège à éviter. Annoncer des moyens dont vous ne disposez pas, un environnement technique ou un accompagnement individuel que la durée ne permet pas. La promesse figure au dossier et sera confrontée à la réalité de la session.
Étape 6. Définir les modalités d’évaluation
Décrivez quatre moments : le positionnement à l’entrée, les évaluations en cours de parcours, l’évaluation finale rattachée aux objectifs annoncés, et la sanction de la formation. Précisez la forme de chaque évaluation, quiz, mise en situation, production écrite, et ce qui en est remis au participant. L’attestation de fin de formation mentionne les objectifs, la nature et la durée de l’action ainsi que les résultats de l’évaluation des acquis.
Le piège à éviter. Une évaluation finale de satisfaction présentée comme une évaluation des acquis. La satisfaction mesure le ressenti, l’acquis mesure la capacité. Les deux sont attendus, séparément.
Étape 7. Ajouter les mentions propres au distanciel
Si tout ou partie de la formation se déroule à distance, le programme précise la nature des travaux demandés au stagiaire et le temps estimé pour les réaliser, les modalités de suivi et d’évaluation propres à ces séquences, et les moyens d’organisation, d’accompagnement et d’assistance mis à disposition, sur le plan pédagogique comme sur le plan technique.
Le piège à éviter. Reprendre le programme du présentiel en changeant seulement le lieu. Les trois mentions ci-dessus manquent alors, et elles sont regardées dès qu’un dossier comporte du distanciel.
Étape 8. Publier les informations préalables et vérifier la cohérence
Mettez à disposition, avant l’inscription définitive, les objectifs et le contenu, la liste des formateurs, les horaires, les modalités d’évaluation, les coordonnées de la personne chargée des relations avec les stagiaires et le règlement intérieur. Ajoutez les délais d’accès et les modalités d’accueil des personnes en situation de handicap, attendus par le référentiel qualité. Vérifiez enfin que l’intitulé de l’action est rigoureusement identique dans le programme, la convention, les émargements et le certificat de réalisation.
Le piège à éviter. Un intitulé qui varie d’un document à l’autre. C’est l’incohérence la plus banale et la plus coûteuse, elle fragilise le dossier entier au moment du contrôle.
Pour aller plus loin
Le guide programme de formation conforme détaille chaque rubrique attendue. Le tutoriel constituer son dossier de preuves montre comment le programme s’articule avec les autres pièces de l’action.
Questions fréquentes
Quelle différence entre objectif opérationnel et objectif pédagogique ?
L’objectif opérationnel décrit ce que la personne saura faire dans son travail après la formation. L’objectif pédagogique décrit ce qu’elle saura faire à la fin d’une séquence, dans le cadre de la formation. Le premier justifie l’achat, le second structure le déroulé et sert de base à l’évaluation.
Peut-on afficher aucun prérequis ?
Oui, quand la formation est réellement accessible sans connaissance préalable, et c’est fréquent sur les formations d’initiation. La mention doit alors être explicite. Ce qui pose problème, c’est le prérequis annoncé sans aucun moyen de le vérifier, ou l’absence de prérequis sur un contenu qui en suppose manifestement.
Le programme doit-il être remis au stagiaire ?
Les objectifs et le contenu de la formation, la liste des formateurs, les horaires, les modalités d’évaluation, les coordonnées de la personne chargée des relations avec les stagiaires et le règlement intérieur sont mis à disposition du stagiaire avant son inscription définitive. Pour un contrat conclu avec un particulier, s’ajoutent les tarifs, les modalités de règlement et les conditions financières en cas d’abandon.
Chaque pièce du dossier de session a son générateur. Aperçu en direct, PDF conforme, aucune donnée envoyée sur un serveur.
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